Le saviez-vous ?

Sur les gestes individuels

Les gestes individuels peuvent contribuer à 1/4 de l’effort à faire pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Les 3/4 restants relèvent des industries, de l’État, de changements globaux et structurels.

Source : The Shift Project

Réponse à l’appel fait par F. Nyssen au monde de la culture « à agir en faveur des migrants »

“Madame la ministre de la Culture,

Vous avez convié certain.e.s d’entre nous à la fin de l’automne à un dîner pour parler de nos différentes actions auprès des exilé.e.s qui cherchent actuellement refuge en France. Nous vous avons proposé alors d’organiser une commission dont nous étions prêt.e.s à prendre la charge, afin d’établir un dialogue avec le ministère de l’Intérieur. Nous avons insisté sur la nécessité et l’urgence d’ouvrir ce dialogue entre les artistes, les acteur.trice.s culturel.le.s et le ministère de l’Intérieur, dialogue sans lequel tous nos efforts, tout notre travail en direction des milliers d’exilé.e.s restent une goutte d’eau dans l’océan des violences qu’ils et elles subissent aujourd’hui sur notre territoire, dans cette France qui pour elles et eux représentait pourtant la patrie des droits de l’homme, une terre d’asile et de refuge, et qui n’est plus aujourd’hui, pour ces femmes, ces enfants et ces hommes, qu’un endroit de violence et de rejet. Notre demande est restée lettre morte.

Vous avez lancé récemment un appel au milieu culturel et artistique à faciliter aux exilé.e.s l’accès à la culture, à développer des ateliers artistiques avec elles et eux, pour les aider à patienter le long des files d’attentes administratives.

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Sur le travail comme servitude volontaire

« Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machines stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez eux, à l’exclusion des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares.
A cette servitude de l’esprit ou de l’imagination, je préfère encore notre esclavage de fait. »

YOURCENAR Marguerite, Mémoires d’Hadrien, 1951

Une politique à l’encontre du devoir

« Je ne suis pas de ceux qui croient qu’on supprimer la souffrance en ce monde […] ; mais je suis de ceux qui pensent et affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas accompli. »

HUGO Victor, Discours à l’Assemblée du 9 juillet 1849.

Pourquoi mes voisins n’aiment pas les insoumis ? (mars 2017)

Dotés de que l’on appelle “un capital social et culturel élevé”, ils me répètent les absurdités que l’on entend ou lit un peu partout. Ce sont mes voisins, mes amis, des parents… Je ne cesse de m’étonner…

Et puis je retombe sur un article et j’y lis ce qui peut être un début de réponse :
« Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public. C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias. »
CHOMSKY Noam, Le lavage de cerveaux en liberté, Le Monde diplomatique, avril 2007

La féminité, un art de la servilité

“Une étude publiée il y a cinq ans l’exprimait parfaitement. On faisait passer à des petits garçons et des petites filles de 5-6 ans un faux casting pour une pub de yaourt. Et sans leur dire, on avait salé le yaourt. Les petits garçons, sans exception, font beurk devant la caméra, car le yaourt est infect. Les petites filles, elles, font semblant de l’aimer. Elles ont compris qu’il faut d’abord penser à celui qui les regarde et lui faire plaisir. Eh bien c’est exactement cela la féminité : ne sois pas spontanée, pense à l’autre avant de penser à toi, avale et souris. Tout est dit.

(…) je ne vais pas expliquer à des femmes qui se sentent bien dans ce cadre qu’elles doivent en sortir. Mais franchement, quand je vois ce qu’on exige des femmes, le carcan de règles et de tenues qu’on leur impose, leur slalom périlleux sur le désir des mecs et la date de péremption qu’elles se prennent dans la gueule à 40 ans, je me dis que cette histoire de féminité, c’est de l’arnaque et de la putasserie. Ni plus ni moins qu’un art de la servilité.”

DESPENTES Virginie, Le Monde, 9 juillet 2017

Pourquoi les scolies ? Que sont les scolies ?

Il aurait pu être question de lucioles, ces êtres luminescents, erratiques, insaisissables et résistants, chers à Pasolini… Mais c’eût été à la fois trop simple et prétentieux.
Les scolies sont des sortes de grandes guêpes. En termes savants, ce sont des hyménoptères, les plus grands de France. On peut lire qu’elles sont utiles à la pollinisation et pacifiques : dotées d’un dard, elles ne l’utilisent qu’en dernier recours pour leur propre défense.
Peut-être sommes-nous arrivés à une époque où diffuser une lumière intermittente ne suffit plus ou il faut, certes en dernier recours, savoir piquer, qui sait ?

Il aurait pu être question de miscellanées ou de fragments. Mais les miscellanées sont à jamais celles de Mircéa Eliade et les fragments ceux de Barthes. C’eût donc été présomptueux. Et puis ces deux mots ont l’inconvénient de ne pas être aussi des insectes.
Les scolies sont des remarques grammaticales, historiques ou critiques. Parfait ! Il s’agit bien de faire des remarques en passant, de confier des considérations diverses, de se laisser aller à des divagations sur le monde.

Il aurait pu être question de récits, de tentatives poétiques. Mais les scolies s’étaient déjà imposées.
Or, cela tombe bien, les scolies ou scholies sont de courts poèmes lyriques destinés à être chantés à la fin du banquet.
Du grec ancien « tordu » (le chant est sous-entendu), elles rencontrent une intention, celle donner à lire de brefs récits de vie et de courtes fictions qui resteront bancals mais qui, mis bout à bout, parviendront peut-être à faire voir le monde un peu de travers. Ce serait déjà ça.

Des divagations sur le monde, des récits du monde, un méli-mélo de textes aux accents politiques ou poétiques, voire les deux : ce sont un peu tout cela les scolies que l’on peut entendre humblement bourdonner ici.